La revue

Pragmata est le nom de cette revue. C’est aussi le nom de l’association francophone d’études pragmatistes, créée en 2014, qui s’est donné pour but de promouvoir la recherche sur le pragmatisme, l’étude de sa diffusion, la connaissance de son histoire, l’exploration de ses usages. Pragmata encourage le développement de connexions entre le pragmatisme et la philosophie de la connaissance, la théorie morale et politique, mais aussi les sciences formelles, sciences de la nature, sciences du langage, sciences cognitives, sciences humaines et sciences sociales. L’une des caractéristiques du pragmatisme à la française est qu’il a su se gagner une reconnaissance académique, sans pour autant s’enfermer dans la citadelle universitaire. C’est aujourd’hui un réseau de chercheurs et de praticiens qui, en Belgique, en France, au Québec ou en Suisse, se sont emparés de cet héritage, le font vivre en langue française, avec des extensions en Amérique latine où il est retravaillé en espagnol et en portugais. De ce point de vue, il y a une singularité de l’association Pragmata par rapport à ses cousines de l’Association européenne du pragmatisme : l’ouverture sur une communauté d’intérêt qui déborde les frontières des départements de philosophie.

Pragmata sera donc le nom de la revue de l’association Pragmata. On y tiendra le pragmatisme pour une philosophie à part entière, que l’on étudiera du point de vue d’une épistémologie et d’une politique, d’une esthétique et d’une éthique, d’une logique et parfois d’une métaphysique. Depuis le premier moment de réception de Peirce, James et Dewey, au début du xxe siècle, le pragmatisme a donné lieu à toutes sortes de controverses et d’appropriations. Son écho n’a depuis fait que grandir. Mead a gagné sa place au panthéon des sociologues. Un cousinage fécond s’est mis en place avec la philosophie analytique. Le néo-pragmatisme a relancé le travail de l’interprétation. Le carré des auteurs les plus cités fait l’objet d’un nombre exponentiel de thèses, de livres et d’articles. La connaissance de leurs environnements de pensée et de leurs réseaux de collègues, d’étudiants et de correspondants ne cesse de s’approfondir. On commence à peine à entrevoir la vitalité de cette philosophie, la complexité de ses ancrages dans la société et la politique aux États-Unis au début du xxe siècle et la richesse de ses circulations et transplantations disciplinaires et internationales.

Pragmata espère contribuer à une meilleure connaissance de ces milieux et expériences de pensée dans le monde francophone, tout en continuant de dialoguer avec les recherches menées en d’autres langues. Mais le pragmatisme n’est pas une philosophie tout à fait comme les autres. D’emblée, ceux qui s’en réclamaient ont engagé des coopérations avec la pédagogie, la psychologie et la sociologie, l’anthropologie, la science politique ou le travail social, à New York, à Chicago ou à Boston. Le pragmatisme a contribué à façonner ces disciplines. Il a donné lieu à toutes sortes de discussions, d’enquêtes et d’expérimentations en matière d’enseignement de l’art, de participation civique, d’organisation communautaire ou d’aménagement urbain. Il a très tôt essaimé vers l’Europe, la Russie et la Chine, l’Inde et le Japon et fécondé un large spectre d’héritages de par le monde. Il continue, dans ses multiples formes, d’être pris comme méthode d’enquête, théorie de la démocratie, psychologie sociale ou mouvement d’éducation et à nourrir des communautés de praticiens dans les domaines du cinéma documentaire, de l’ergonomie ou de la gestion, de l’enquête sociale et de la délibération publique.

Pragmata rendra compte de cette pluralité et de cette vitalité intellectuelles, en ouvrant la discussion aux différents travaux, quelle que soit leur discipline, qui discutent de près les idées pragmatistes ou s’en inspirent pour orienter leurs propres démarches.

Pour aller sur le site de l’association :

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